Saint Joseph

Les textes canoniques et apocryphes racontent que Joseph, issu de la lignée de David, exerce, malgré ses origines royales, l’humble métier de charpentier (faber lignarius). La tradition a en effet interprété le mot dans le sens restrictif de « charpentier ». Or le terme grec a une signification plus large : il évoque un artisan travaillant le bois en général (charpente, meubles, outils), mais aussi les métaux ou la pierre, c’est-à-dire capable de participer comme maçon, voire comme architecte, à la construction d’édifices assez importants. Le terme de « charpentier » peut alors être synonyme d ‘ « homme sage » dans le milieu où évolue Jésus. Une tradition, moins répandue et qui n’a eu qu’une faible postérité, reprend le sens habituel du mot faber, « fèvre », pour faire de Joseph un forgeron.

Les évangiles ne donnent que très peu d’autres informations sur Joseph. On ne rapporte jamais ses paroles. Matthieu raconte quatre rêves dans lesquels Joseph est informé de façon surnaturelle avant et après la naissance de Jésus et pendant ses premières années. Dans le premier rêve, un ange confirme à Joseph que Marie est enceinte d’un enfant conçu par l’Esprit saint, et qu’elle mettra au monde un fils nommé Jésus, qui sauvera son peuple de ses péchés ; Joseph ne devrait donc pas hésiter à l’épouser. Dans le deuxième rêve, un ange dit à Joseph d’emmener Marie et Jésus en Égypte (depuis Bethléem) et d’y demeurer jusqu’à ce que l’ange en dise plus, car Hérode cherche à tuer Jésus. Dans le troisième rêve de Joseph, un ange ordonne à Joseph de retourner avec sa famille en Palestine, ce qui implique qu’Hérode est mort. Cependant, Joseph apprend que le fils d’Hérode, Archélaos, règne sur la Judée, et il a peur de continuer le voyage. Dans le quatrième rêve, Dieu Lui-même avertit Joseph qu’il doit éviter de retourner en Judée, à Bethléem. Joseph s’installe alors avec Marie et Jésus à Nazareth, dans la province de Galilée. En toute circonstance, Joseph n’a jamais abandonné, il s’est montré docile à la volonté divine. Il a continué à œuvrer et travailler pour la plus grande gloire de Dieu, sans rien lâcher.

On représente souvent Saint Joseph comme un vieillard. Cependant, on peut estimer que cette image a surtout pour objectif de mettre en valeur la virginité de la Sainte Vierge. On peut donc imaginer que Saint Joseph était tout de même un homme dans la force de l’âge.

Joseph fut un modèle de travail persévérant. Chaque jour, il accomplissait son labeur. Il affrontait les difficultés que nous connaissons tous : des difficultés avec des clients, des voisins, avec son travail… Chaque soir il rentrait dans une maison humble où la Sainte Vierge l’accueillait avec le sourire et bienveillance. Il y refaisait ses forces. La Vierge lui préparait sans doute un bon repas, et prenait soin de lui.

Le métier de Joseph fut naturellement aussi celui de Jésus. Joseph apprit à Jésus le travail du bois et des matériaux. Imaginer cette scène est touchante. Saint Joseph qui apprend au Sauveur tout puissant, qui est Dieu et Fils de Dieu l’humble métier de charpentier.

Après l’épisode de Jésus retrouvé au temple par ses parents, les Evangiles ne disent plus rien sur Joseph. Le passage des noces de Cana ne fait pas mention de lui. Et il n’apparaît pas dans la vie publique de Jésus. C’est pourquoi on estime que Saint Joseph a dû mourir avant. On peut imaginer qu’il mourut entouré des soins de la Sainte Vierge et de la tendresse de Jésus. C’est pourquoi Saint Joseph est aussi patron de la « bonne mort » : entouré de Jésus et Marie.