La vérité

Lorsqu’on lui pose la question :  » Quel est le plus grand commandement de la Loi ?  » (Mt 22, 36), Jésus répond :  » Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ; voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes « .

Les 10 Commandements que Dieu a remis à Moïse sur le Mont Sinaï doivent être interprétés à la lumière de la charité, c’est-à-dire de l’amour envers le prochain. On ne blesse jamais le Seigneur par excès de charité. Par contre on peut le blesser lorsqu’on manque à la charité.

La vérité est le huitième des 10 Commandements.

Dans le livre de l’exode, Dieu dit « Tu ne témoigneras pas faussement contre ton prochain.(Ex 20, 16). ». Autrement dit : tu ne mentiras pas.

Le Catéchisme de l’Eglise catholique nous dit que « Le huitième commandement interdit de travestir la vérité dans les relations avec autrui. Cette prescription morale découle de la vocation du peuple saint à être témoin de son Dieu qui est et qui veut la vérité. Les offenses à la vérité expriment, par des paroles ou des actes, un refus de s’engager dans la rectitude morale : elles sont des infidélités foncières à Dieu et, en ce sens, sapent les bases de l’Alliance ».

Ainsi, la vérité est un moyen indispensable pour vivre en amitié avec Dieu.

La vérité s’exprime dans nos paroles, mais aussi dans nos actes et nos pensées. Elle concerne ce que nous disons et pensons des autres, mais aussi de nous-mêmes. La vérité ou véracité est la vertu qui consiste à se montrer vrai en ses actes et à dire vrai en ses paroles, se gardant de la duplicité, de la simulation et de l’hypocrisie.

Par exemple, je ne dis pas que je sais faire telle chose si je sais que ce n’est pas vrai. De plus, cela exige que je ne parle pas sur des sujets que je ne connais pas. Mieux vaut me taire et demander, écouter, questionner, … si cela me regarde bien évidemment.

Il faut donc apprendre à discerner ce qui est vrai de ce qui est faux. Et ceci n’est pas toujours évident ! C’est pour ça que l’on dit souvent qu’avant de parler, mieux vaut « tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler ».

Dire des choses sur une personne sans être certain que c’est la vérité, peut faire beaucoup de mal à cette personne. Car si cela est faux, alors la personne sera offensée. Et il faudra alors réparer cette offense.

Par exemple : Jean a écouté une conversation entre sa maman et la maman de Gontran. Mais il n’a pas tout très bien entendu car il écoutait en cachette, il a donc entendu des bouts de phrases. Il était question de Gontran, de son petit frère et d’une dispute. Le lendemain à l’école, Jean raconte à Pauline, Théophile et Sybille que Gontran a frappé son petit frère. Si c’est faux, alors Jean devra aller demander pardon d’une part à Dieu (pour avoir écouté une conversation qui ne le regardait pas et pour avoir raconté quelque chose de faux) et à Gontran pour l’avoir peiné. Puis il devra aussi aller dire à Pauline, Théophile et Sybille qu’il a menti, et que Gontran n’a pas frappé son petit frère. Jean aurait pu s’éviter tout cela s’il avait réfléchi avant de parler, et surtout …s’il n’avait pas écouté aux portes.

Autre exemple, Jeanne et Matthieu se disputent. Matthieu part en courant voir la maitresse et dit que Jeanne l’a poussé contre un arbre. Luc, lui a vu toute la scène. Il n’aime pas beaucoup Jeanne parce qu’en classe, elle a toujours de meilleures notes que lui. Alors il regarde. Et il voit Matthieu raconter un mensonge à la maitresse. Il ne veut rien dire, car ça lui fait plaisir de voir Jeanne se faire gronder par la maitresse. De plus, Jeanne est punie, elle a des devoirs supplémentaires. Et elle sera aussi punie à la maison par ses parents pour avoir été violente envers un camarade de classe. Alors Luc est content. Mais il va se rendre compte qu’il a péché par omission. C’est-à-dire qu’il a blessé le Seigneur en ne défendant pas la vérité. Il aurait du aller voir Matthieu pour le convaincre de rectifier son mensonge auprès de la maitresse. Luc devra donc demander pardon à Dieu pour avoir laissé le mensonge s’installer, et pour n’avoir pas défendu la vérité.

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique précise que « La véracité observe un juste milieu entre ce qui doit être exprimé, et le secret qui doit être gardé : elle implique l’honnêteté et la discrétion. ». Donc lorsque l’on ne sait pas, mieux vaut se taire par prudence.

Mais le Seigneur nous demande avant tout d’aimer la Vérité. Car selon son enseignement, la Vérité nous rend libres. Elle nous rend libres car elle nous éloigne du péché et du Mal, et qu’elle nous met dans les pas de Jésus qui est le chemin, la vérité et la vie.

St Thomas d’Aquin disait que  » Les hommes ne pourraient pas vivre ensemble s’ils n’avaient pas de confiance réciproque, c’est-à-dire s’ils ne se manifestaient pas la vérité  » (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 109, 3, ad 1). En effet, la vie serait terrible si nous devions nous méfier en permanence de ce que disent ou font les autres !

Alors tachons de toujours parler en vérité, dire les choses telles quelles sont, même si parfois cela peut toucher notre orgueil (il n’est pas toujours facile d’admettre que nous avons telle faiblesse ou tel défaut !). Vivons aussi en vérité. Ne soyons pas schizophrènes en étant chrétien le dimanche, à la Messe, et tout autre avec nos amis. Dieu est partout, et nous sommes ses enfants en permanence, en tout lieu, à toute heure. Agissons comme de dignes enfants du Seigneur.